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  • Photo du rédacteurMarion

Départ et prise en main du bateau


Je reviens enfin sur notre départ !

Cela m'était vraiment impossible avant : le démarrage de cette nouvelle phase n'est pas de tout repos, tout est chambardement, adaptation, acclimatation, tâtonnement, accordage, submergement, résilience... À la hauteur de l'investissement et de l'énergie que nous mettons dans ce projet depuis tant d'années, j'accueille, nous accueillons, tant bien que mal, un énorme et certainement inévitable passage à vide.



Le départ


Nous avons donc quitté Port Navy Service il y a tout juste deux semaines.


Voici la vidéo réalisée par Maeve de Port Navy Service. Une vidéo vraiment belle qui représente un vrai cadeau pour nous parce que bien entendu, impossible de se filmer soi-même, encore moins avec un drone, dans un tel moment !



Nous sommes partis avec à bord un équipier supplémentaire, Thomas, de l'école de croisière Cap Voile. Prendre Eagle en main en étant accompagnés par un professionnel nous semblait vraiment important. Pour adopter de bonne habitudes en famille dès le début, pour ne pas nous faire peur...


Initialement, cette prise en main devait se faire en avril, mais nos retards et submergements de dernière ligne droite nous ont contraints à la repousser à plusieurs reprises. Finalement, Thomas ne disposait plus que de 3 jours, de 7 au 9 juin. Voilà donc pourquoi, en réponse à certains d'entre vous qui nous ont demandé pourquoi nous ne pouvions pas repousser notre départ plutôt que de vivre cette course : nous devions partir le 7. Enfin, « devions »... je devrais dire « choisissions ». Car on a toujours le choix, notamment celui de nos contraintes...


En revanche il y a quelque chose qu'on ne choisit pas, c'est la météo . Mais on l'attend, on l'espère... Pour ces 3 jours avec Thomas, j'avais espéré du costaud, du furieux, pour pouvoir, tout en étant accompagnés et sécurisés, tester le comportement d'Eagle et expérimenter du gros temps. Nous avons été servis, gâtés même : 3 jours de conditions intenses dans lesquelles jamais nous n'aurions pris et ne prendrons la mer en côtier... Mais cela pourra nous arriver en hauturier, voire en côtier : cette synchronicité était un vrai cadeau.


Départ de Port Navy Service

1er jour : Port Navy - Ile du Frioul, en face de Marseille.


Nous naviguons durant 6h, sous 20-30 nœuds au portant (vent arrivant par l'arrière du bateau).

Les enfants participent aux manœuvres, remplis d'enthousiasme et désireux d'apprendre, c'est vraiment réjouissant.



À la sortie de l'embouchure du Rhône, nous longeons la côte de falaises calcaires en direction de Marseille.



Après le déjeuner au bon air dans le cockpit, je commets la grosse erreur de faire la vaisselle. Plus jamais ! En tout cas pas un premier jour de navigation ! De même que plus jamais de rangement dans les coursives... Mais tout allait si bien jusque là. J'ai cru que c'était acquis, j'ai au moins gagné une bonne leçon !

Le mal de mer, ce rouleau compresseur, m'a donc gagnée. Les lunettes anti mal de mer ne suffisent pas, ma grande fatigue et la décompression de ces dernières semaines trop intenses ont trouvé un moyen de s'engouffrer dans la brèche.



Rester dehors ne me convient pas, seul mon lit m'appelle. Depuis notre cabine arrière, Eagle me balance. Je regrette de ne pas profiter de la présence de Thomas, mais j'en profite d'une autre manière : Ivan n'a pas à tout gérer tout seul, et grâce à Thomas il doit continuer d'apprendre puissance 10 ! Tous deux font partie de ceux, fascinants, qui n'ont jamais le mal de mer.

Je dors quelques heures.


À mon réveil, le vent et la mer se sont clairement intensifiés. Je m'en rends compte en regardant, à travers le hublot derrière ma tête, Eagle monter et descendre dans la houle, accélérer en sifflant puis ralentir, couiner, cogner les vagues. Après ces 9 mois à sec, silencieux, ça change.



Pour l'équipage, tout va bien. Claire est un peu sensible aussi, j'apprend qu'elle a dormi une bonne partie de l'après-midi. Notre chatte Lili se comporte comme si de rien était. En revanche, la pauvre petite Naïa est complètement prostrée, pas vraiment malade mais clairement apeurée.


L'arrivée au Frioul signe notre premier mouillage et il n'est pas des plus simples... Sans Thomas il aurait été carrément stressant ! Mais du coup il s'avère très instructif. Moi, je suis toujours incapable de participer aux manœuvres mais j'écoute, j'observe, et j'apprends malgré tout durant ce mouillage sportif pour Ivan.



Pendant qu'eux tous passent la soirée ensemble, je vais me recoucher, je suis encore trop mal...




2e jour : Le Frioul - Porquerolles


Au départ, briefing général. C'est vraiment super d'avoir Thomas, vraiment pédagogue, à bord.


La navigation encore plus musclée que la veille (25-35 nœuds) s'étire toute la journée, toujours au portant, avec plusieurs empannages.


Le mal de mer, encore plus terrible que le 1er jour, me terrasse du matin au soir. Je reste cette fois-ci allongée dans le carré, découvrant Eagle sous de nouveaux angles de vue, ressentant de nouvelles sensations, notamment les coups des vagues sous la nacelle qui font sauter, vibrer et résonner tout le carré. Je n'ai aucune inquiétude, je l'ai déjà vécu et Eagle a résisté à pire. C'est juste tellement différent de ce à quoi nous étions habitués depuis 9 mois sur Eagle...


Ivan et Thomas sont sur le pont, les enfants aussi. Antoine me rejoint de temps en temps, avec quelques saute de maux de cœur qui ne durent pas.


Anne, en allant câliner et rassurer Naïa toujours recluse sous une couverture au fond d'un lit, se laisse emporter elle aussi et dort 4 h de suite.


L'effet rouleau compresseur...


Vers 18h nous mouillons à Porquerolles devant la plage d'argent, sous 30 nœuds avec des rafales à 40 qui s'étendront toute la nuit.



Malgré la présence et le calme pourtant tranquillisants de Thomas, nous sommes tous deux moyennement rassurés car nous n'avons pas encore réussi à programmer notre alarme de mouillage et les prévisions sont vraiment intenses pour la nuit. Ivan décide donc de camper dehors, allongé sur le siège de pilotage, près à dégainer au cas où l'ancre décroche... Il y passe la nuit.


Et notre ancre a tenu bon ! Ces premiers mouillages nous ont permis de la tester notre ancre Viking qui confirme ses qualités, c'est un super point positif !



3e jour : Porquerolles - Hyères


Dès le matin, je vais mieux. Je ne suis pas complètement amarinée, je me sens sur la tangente mais les lunettes mise dès le réveil m'aident beaucoup cette fois-ci.


Nous préparons la navigation, avec la participation active des enfants, c'est vraiment chouette !



Avant de quitter Porquerolles, Thomas propose à Ivan des exercices simulant des amarrages au port sous 30-40 nœuds. Les conditions sont propices à cela et les bouées de la plage font office de repères. Abrités au mouillage nous prenons tout de même des rafales à 30 nœuds. Les moteurs sont à fond, ils résistent, c'est un point rassurant.


Nous quittons Porquerolles direction Hyères. Je barre tout du long, sous 35 nœuds avec des rafales à plus de 40 dans la passe entre Porquerolles et la presqu'île de Giens. Les conditions se sont encore amplifiées par rapport aux 2 premiers jours et notre allure est différente : près serré (vent venant depuis l'avant, à environ 30° de l'axe du bateau). Comme ça on aura fait toutes les allures, c'est top ! Je suis contente de voir Eagle tenir bon, il assure, il tient même bien le près ce qui n'est pas donné à tous les cata.


Les enfants participent toujours aux manœuvres, cette fois-ci des virements de bord puisque nous sommes au près.


La navigation est courte, mais les conditions intenses et éprouvantes pour le matériel ont raison de notre génois qui se déchire dans un virement de bord. Je vois Ivan, très contrarié, aller s'isoler quelques instants à l'avant du pont pour se calmer et réfléchir... Évidemment ce seront des frais, encore, et une immobilisation le temps de la réparation, mais nous en concluons rapidement que c'est très bien comme ça : de toute façon nous allons rester au mouillage quelques semaines le temps qu'Anne passe son bac français, et puis ce génois fatigué (que nous n'avions pas changé parce que tout remettre à neuf est impossible, financièrement d'abord, mais aussi parce que sinon jamais nous n'aurions largué les amarres) nous aurait lâché un jour ou l'autre, certainement rapidement, alors autant que ce soit maintenant.


À l'arrivée à Hyères, Ivan et Thomas réussissent, entre deux rafales et durant une petite accalmie, à affaler le génois. Là aussi c'est une expérience, sous l'œil attentif des enfants. Ils le déposent dans la soirée dans la voilerie que connait bien Thomas. Il devrait être réparé rapidement. Tout se goupille bien.



Nous décidons qu'après réparation nous commanderons un génois neuf. Nous n'attendions pas cette dépense si tôt mais la raison ne nous laisse pas vraiment le choix...


Le vent a continué de souffler très fort toute la soirée et jusqu'au milieu de la nuit, Ivan est encore resté dehors mais nous n'étions pas inquiets. Pour ces 3 jours, mis à part mon mal de mer qui m'a rendue inopérationnelle deux jours, nous ne pouvions pas rêver mieux. Nous avons beaucoup appris des points forts et faibles d'Eagle, beaucoup progressé et pris confiance.


Depuis nous avons passé 15 jours mouillés devant Hyères, nous posant, nous reposant, digérant ces mois et ces années intenses de préparation qui s'achèvent pour laisser s'ouvrir, enfin, une nouvelle phase du projet. Une nouvelle phase de vie aussi bousculante que désirée, à laquelle nous allons, de toute évidence, mettre un peu de temps à nous acclimater.


Je laisse ici les références de Thomas pour ceux qui voudraient une aide pour la prise en main de leur bateau ou faire un stage, il est pro ! C'est l'association Cap Voile dont le site est ici.


Bonne semaine à tous, on vous embrasse 😘

À très vite les équipiers, merci de continuer à nous soutenir, à nous écrire, à suivre mes story, c'est bon de vous avoir avec nous. 🙏



 

Merci d'avoir lu cet article !


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